Interview de Mamar Mamouni

Mamar MAMOUNI

42 ans – Marié – 2 enfants.

Gérant de la société EQUIPSPORT à Lillebonne

Ex joueur professionnel de football.

 

BSC – Bonjour Mamar, peux-tu nous parler de toi, de ta carrière de joueur professionnel et de tes activités professionnelles actuelles ?

Mamar Mamouni – J’ai fait mes débuts de joueurs chez les jeunes au FC TOURS, club actuel de Ligue 2 (dans les équipes minimes, cadets et juniors en National). Par ailleurs, pour la petite anecdote, j’ai joué toutes ces années jeunes avec Patrick VIEIRA (ex champion d’Europe et champion du monde avec l’équipe de France).

Ensuite, j’ai pris mon envol en Corse au Gazelec Ajaccio en National en 1993. Cela a été une de mes plus belles années avec l’obtention de mon baccalauréat scientifique et l’obtention de mon permis de conduire.

Et puis en 1994, des émissaires du HAC sont venus me recruter via leur Président Jean-Pierre HUREAU, un très grand Monsieur. J’ai joué au Havre AC en ligue 1 et en ligue 2 jusqu’en 2002 tout en connaissant une ½ finale de coupe de la ligue perdue contre le Paris Saint Germain en 1995.

Après ces magnifiques années havraises, j’ai continué ma carrière professionnelle à l’US CRÉTEIL, à l’UR LA LOUVIÈRE (Belgique), au KAA LA GANTOISE (Belgique), au K LIERSE SK (Belgique) et enfin au FC PANSERRAIKOS (Grèce) où une grave blessure m’a fait comprendre que ma carrière de footballeur Pro s’arrêtait là.

Aujourd’hui, je suis gérant d’une société d’équipements sportifs pour les associations et entreprises, de textiles événementiels et vente d’objets publicitaires. EQUIPSPORT, 5 rue Auguste Desgenetais, Espace Batic 76170 Lillebonne.

C’est un métier vivant et enrichissant où je côtoie chaque jour d’autres sportifs professionnels, des gérants d’entreprises, des personnes bénévoles et des particuliers qui aiment le sport. Nous vivons cette même passion commune, c’est vraiment un sentiment fort.

Il faut ajouter aussi que quand tu es joueur Pro, tu te caches un peu et par conséquent tu n’échanges pas vraiment avec les gens. Là, aujourd’hui, il y a un vrai contact humain et j’apprends beaucoup des gens. J’écoute leurs besoins.

 

BSC – Pendant ton parcours de footballeur Pro, as-tu des souvenirs à nous faire partager liés au Sport Handicap ?

M M – Déjà pour mon cas personnel, même si cela n’est pas un handicap moteur ou physique, j’ai connu des difficultés puisque je suis diabétique depuis l’âge de mes 13 ans. Il a fallu vivre avec des contrôles médicaux permanents et avoir une exigence de soi et une attitude exemplaire afin de pouvoir devenir joueur Pro.

Bien sûr, lors de ma carrière Pro, j’ai accompagné, aidé et financé des hôpitaux, des structures d’accueil et de handicap sur Paris et en Algérie. J’ai fait en fonction de mon planning, en fonction de la cause à défendre et aussi en fonction des moyens financiers que j’avais à l’époque pour soutenir ces structures. Mais j’ai toujours répondu présent.

Enfin, J’ai vécu de très près le handicap de mon cousin des suites d’un grave accident. Du jour au lendemain il s’est retrouvé dans une situation très compliquée et il doit se battre tous les jours pour avoir sa place au sein de notre société.

J’ai connu également le handicap de mon ex-partenaire de football, Kevin ANIN (ex joueur Pro au HAC et à l’OGC Nice) suite à un terrible accident de la route. Il a une force mentale hors du commun et il ne lâche rien chaque jour. Chaque jour. Je lui souhaite d’ailleurs un immense courage.

 

BSC – Je sais que tu te donnes beaucoup pour les enfants hospitalisés et/ou atteints de handicap et les personnes qui ont besoin de matériels médicaux en Algérie ? Peux-tu nous expliquer en quoi cela consiste ?

M M – Oui effectivement, je suis parrain d’une association parisienne qui s’appelle UNION SANS FRONTIÈRES. J’ai connu le président de cette association lors d’une manifestation sportive. J’ai complètement adhéré lors de notre échange quand celui-ci m’a expliqué longuement le but de l’association. En fait, cette association venait en aide à toutes les personnes atteintes du cancer dans l’hexagone et en Algérie par le biais de médicaments et divers équipements médicalisés. Il m’a demandé d’être le parrain. Je n’ai pas réfléchi longtemps puisque pour moi c’était une évidence de les aider à aider. Cette phrase est importante.

Par la suite, toujours pas le biais de cette asso, nous avons élargi notre champ d’action aux personnes atteintes de diabète.  C’est une cause noble et vraiment humaine.

Sais-tu que l’année dernière nous avons pu envoyer plus d’une cinquantaine de cartons très grands formats remplis de médicaments pour les personnes malades.  On essaye de faire un peu plus chaque année. On se bat pour que toutes et tous puissent bénéficier de soins et de médicaments appropriés.

 

BSC – Aujourd’hui, quelle est ta vision sur les associations labellisées Sport Handicap ?

M M – Il faut leur rendre hommage. Oui vraiment. Pour moi, c’est beaucoup plus gratifiant que d’être sportif de haut niveau. Le sportif de haut niveau va être médiatisé alors que le bénévole qui se saigne pour le sport handicap travaille comme tu le fais dans l’ombre et souvent sans aides et sans trop de finances.

Je sais parfaitement qu’il est difficile d’obtenir des subventions afin d’apporter du réconfort et de développer des ateliers de bonne qualité pour les personnes atteintes de handicap.

Ces associations ont des bénévoles de grande qualité de cœur qui respectent l’être humain. Leur générosité vient naturellement de leur éducation et ils perdurent à créer cette dynamique et à véhiculer leur savoir-faire aux plus jeunes et ainsi de suite…

Il faut continuer dans ce sens. Ne jamais lâcher et ne jamais abandonner son prochain.

 

BSC – Mamar, merci de nous avoir accordé de ton précieux temps et d’avoir partagé une tranche de vie. Pour conclure, as-tu un dernier petit mot ?

M M – Je félicite et j’encourage ton asso et toutes les assos qui touchent le sport handicap à continuer dans cette lutte et dans cette voie. Tu sais que juste un sourire de gamins que j’ai eu la chance de côtoyer lors de manifestations sportives te donne une pêche d’enfer et te rend heureux. Pas besoin de plus.

Pour les sportifs Pro, je les invite à adhérer à ces assos en les encourageant ou en les aidant par leur image ou par un don financier.  Il n’y en n’a pas assez malheureusement.

Enfin, j’exprime tout mon soutien aux personnes atteintes de handicap.

 

Propos recueillis par Olivier Coustham

 

 

 

Dans votre agenda

Pour info, les dates définitives pour les prochaines ventes de BOLBEC SOLIDARITE.COM à la salle Jean Jaurès à Bolbec:

– le lundi 9 avril 2018 de 10h00 à 12h30 et de 14h00 à 17h00.

– le lundi 7 mai 2018 de 10h00 à 12h30 et de 14h00 à 17h00

– le lundi 4 juin 2018 de 10h00 à 12h30 et de 14h00 à 17h00

 

Bolbec : une nouvelle association pour aider le handisport

Bolbec : une nouvelle association pour aider le handisport

Le 2 décembre 2017 est né à Bolbec (Seine-Maritime) l’association Bolbec Solidarité. Elle incite les entreprises à lui faire des dons pour récolter de l’argent en faveur des clubs sportifs handisport.

L’association Bolbec Solidarité (Seine-Maritime) est toute jeune. Elle est née officiellement le 2 décembre 2017. Son objectif est de récolter des fonds pour les clubs de handisport. Pour cela elle incite les entreprises à lui faire des dons de matériels usagers: vieux ordinateurs, mobilier… Du matériel revendu à petit prix, au profit des handicapés.

Écoutez le reportage Tendance Ouest :

 

Aider les enfants et les adultes en situation de handicap

Bolbec Solidarité récupère des matériels et des équipements déclassés ou déstockés via des entreprises généreuses. L’association se charge même de venir chercher le matériel dans les entreprises, pour le redistribuer à des associations ou le revendre aux particuliers. Philippe Beaufils, le président, précise qu’en  » partenariat avec l’US Bolbec, notre association permet d’aider et de soutenir les structures bénévoles, les enfants et les adultes en situation de handicap « .

Avis aux donateurs!

Le 6 mars 2018 – Par : Gilles Anthoine

Interview de Bruno Noël

Bruno Noël

58 ans

Éducateur sportif territorial

 

 

 

 

Bonjour Bruno, peux-tu nous expliquer simplement ton rôle au sein du territoire et nous décrire une journée de travail ?

Bruno Noël – Je m’occupe des séances éducatives et sportives sur la commune de BOLBEC avec des enfants en situation de handicap. Ces séances sont le lundi et le mercredi matin. Le reste de la semaine, je suis rattaché aux sports de la ville.

Je prépare et mets en place tous les cycles de travail. Les activités sont nombreuses et doivent être adaptées aux enfants.

J’organise également du foot ludique avec l’IME, l’IMS et le Foyer de la vallée d’or.

 

Qu’est ce qui t’a donné envie de te lancer dans cette belle aventure humaine ?

B N – Il y a 7 ans, un collègue de travail m’a demandé de participer et d’encadrer une colo pour des adolescents en situation de handicap. J’ai trouvé cette colo magnifique en partageant des moments sincères et remplis d’amitié avec ces ados. C’était génial.

En rentrant de cette colo, j’ai eu une envie très forte de m’occuper des personnes atteintes de handicap.

On ne se rend pas bien compte ce qu’est de vivre au jour le jour avec ces enfants. Ils sont d’une réelle sensibilité et le lien qui se tisse au fil du temps est extraordinairement fort.

 

Bruno, as-tu un souvenir particulier qui ressort de ta longue expérience professionnelle ?

B N – Écoute, non. Pas de souvenir particulier mais j’ai juste envie de te dire que quand tu regardes les yeux des gamins qui sont tellement heureux de pratiquer du sport, c’est une immense gratitude et un véritable bonheur.

 

Propos recueillis par Olivier Coustham

 

 

Interview de Ludovic Hébert

Ludovic Hébert

46 ans – Chef de service du Foyer de la vallée d’Or.

Éducateur spécialisé Handicap déficience légère pour adultes.

Maire Adjoint de la ville de Bolbec.

 

 

 

 

Bonjour Ludovic, peux-tu nous expliquer simplement ton rôle au sein du Foyer de la vallée d’Or et le fonctionnement d’une journée ?

Ludovic Hébert – Je suis coordinateur de l’équipe éducative et superviseur de la gestion administrative.

J’accompagne la vie quotidienne des personnes en situation de handicap du lever au coucher. Il y a toute une partie organisationnelle des démarches qu’ils auront à effectuer dans leur journée.

Pour ceux qui sont salariés au sein de l’établissement, je leur prépare la journée de travail.

Ici, le personnel travaille par quart et le chef administratif est le relais. Il y a également un accompagnement via AGIRE76 qui régule également les journées de nos jeunes et moins jeunes au sein du foyer.

Le soir, il existe systématiquement une présence éducative qui aide au repas et bon fonctionnement des activités comme le ping-pong, le baby-foot, les jeux de société… avant que tout ce petit monde aille au lit se reposer pour bien préparer la journée de lendemain.

 

Qu’est ce qui t’a donné envie de te lancer dans cette belle aventure humaine ?

L H -Le mot « Solidarité » qui évoque pour moi la vraie notion du « Vivre tous ensemble ».

En effet, nous vivons les uns et les autres en juxtaposition et non ensemble. Comme le soulignait fort justement Aristote, philosophe grec de l’antiquité, l’homme est un animal social.

Au sein d’une société, l’individu qui n’a pas le sentiment d’appartenir à une communauté rencontrera des difficultés à s’y investir. Si l’individu est mis à l’écart, il se sent exclu et abandonné.

C’est fort dommage mais j’ai grand espoir et foi en l’avenir.

Sur Bolbec, il faut souligner qu’il existe déjà des cellules et des associations humaines et caritatives qui font un travail remarquable par le biais d’une centaine de bénévoles et de salariés qui sont, sans cesse, sur le pont. Je suis admiratif.

 

Ludovic, as-tu un souvenir particulier qui ressort de ta longue expérience professionnelle ?

L H -Non, il n’y en a pas qu’un seul. C’est impossible. Il y en a tellement de souvenirs !

Je peux simplement te dire que quand on emménage un jeune qui a son premier boulot dans son nouvel appartement ou que l’on accompagne un jeune qui va obtenir son diplôme, on se dit que nous avons réalisé notre mission. C’est un sentiment magnifique.

 

Propos recueillis par Olivier Coustham